L’AMOUR DU PÈRE

Lorsque je rencontre quelqu’un qui me dit ne pas croire en Dieu, je réalise que je ne crois pas non plus au dieu qu’il me décrit. En effet, le dieu auquel il ne croit pas ressemble à un personnage de dessin animé. C’est un stéréotype : soit une force infinie, soit un juge inflexible, soit un brave grand-père, soit la cause de tout ce qui existe. Un tel Dieu simpliste et unidimensionnel ne peut susciter aucune relation ni aucun engagement envers Lui. Le Dieu de la Bible est une personne complexe, multidimensionnelle. Le vrai Dieu est à la fois un père et un ami et un roi et un juge et un bien-aimé. C’est une Personne réelle avec qui on peut avoir une relation personnelle et un engagement profond. La foi chrétienne tient ensemble toutes ces images variées de Dieu et de Son Amour.

Je voudrais méditer avec vous, ce matin, sur l’aspect de l’Amour de Dieu auquel j’ai consacré le plus de prédications au cours de ces 14 années : Dans la Bible, Dieu est un Père. Ps 103 : 1-18.

Lorsque nous prions Dieu en disant : « Notre Père qui es aux cieux » exprimons-nous une simple comparaison signifiant : « Il y a un Dieu. Je sais sur la terre ce qu’est un père. Eh bien, Dieu est comme un père pour les hommes ! » ?

La comparaison remonterait donc de la terre au ciel. Un père aime son enfant, par conséquent Dieu m’aime puisqu’Il est comme un père. Le terrestre nous ferait comprendre le céleste. C’est ainsi qu’on pourrait interpréter le Ps 103 : 13 : « Comme un père aime ses enfants, le Seigneur aime Ses fidèles ». Il y a, en effet, une comparaison entre notre Père céleste et un père de famille mais la comparaison joue dans l’autre sens, dans la Bible. C’est Dieu qui  est notre Père d’abord. L’homme sur la terre méritera le nom de père s’il ressemble à Dieu.

Le nom de Père n’est donc pas une comparaison mais une révélation. La Bible nous présente Dieu : Il est notre Père. C’est Son Nom de toute éternité. Quand on connaît quelqu’un on sait son nom. Dieu est là dans ta vie. Il est près de toi. Il se présente. Qui est-Il ? Le connais-tu par Son Nom ? L’appelles-tu par Son Nom : PÈRE. Dieu est inséparable de ce nom. Ce nom résume, contient la personne de Dieu. Quand tu es en présence de Dieu, tu saisis ce nom de Père. Avant, tu ne savais pas ce que ce nom signifiait. Dieu est notre Père : c’est une réalité. Dieu nous l’a révélée en Jésus Christ, pleinement, puisqu’Il s’est présenté en nous par Son Fils dans l’Esprit d’adoption. Dieu n’est pas comparé à l’homme mais c’est l’homme qui est comparé à Dieu. Il est presque faux de dire que l’homme devient père en épousant sa femme et en ayant d’elle des enfants. La vérité, c’est que l’homme devient père par une volonté de Dieu qui le rend semblable à son Créateur. Ce n’est pas la chair, c’est la ressemblance avec Dieu qui fait le père. Et cette ressemblance est un fruit de la parole de Dieu.

Dieu notre Père est Père par Sa Parole et c’est la seule paternité. Ce qui fait qu’un homme est père, même à travers la chair, ce n’est pas la chair, c’est la parole de l’homme s’associant à la parole du Créateur.

L’homme est père parce qu’il veut l’enfant, parce qu’il veut transmettre la vie et en assumer toutes les charges et toutes le peines. Si un homme ne garde pas un minimum de ressemblance spirituelle avec Dieu le Père, il ne sera pas père, mais simplement géniteur. La loi prévoit dans certains cas la déchéance de paternité. Car un père manquant produit souvent un fils manqué. La loi reconnaît aussi que la parole d’adoption suffit à créer les liens de paternité.

Le père n’est pas seulement celui qui fait vivre, c’est aussi celui qui, par la prédication de la parole de la croix, fait mourir quant à la chair. Conduire quelqu’un au baptême, c’est le conduire à la mort, le dépouillement du corps de la chair (Col 2 :11). C’est toujours Dieu, le Père qui agit par sa Parole. Et l’homme est son collaborateur par sa volonté et sa parole, qui s’allient à la Parole de Dieu le Père.

Cette paternité est le lot des serviteurs de Dieu. Elle n’a pas besoin du mariage ni de la famille pour se réaliser. L’apôtre Paul le dit à Philémon : « Je te prie pour Onésime, mon enfant que j’ai engendré étant dans les chaînes » (v.10). Il le dit aussi aux Corinthiens : « C’est moi qui, par l’Evangile vous ai engendrés en Jésus Christ » (1Co 4 :15). Paul ne s’est jamais fait appeler père et pourtant, il a dit aux Thessaloniciens : « J’ai traité chacun de vous comme un père ses enfants » (1Th 2 :11).

La paternité est l’effet d’une parole spirituelle qui donne à l’homme la ressemblance avec Dieu le Père.

Jésus est venu nous révéler le Père. C’est une des 2 ou 3 choses les plus importantes de la Bible. C’est le sens même de notre vie de dire à Dieu « Abba » et d’avoir avec Lui cette relation familiale. C’est une merveille à laquelle on ne peut pas s’habituer et qui nous impacte de 5 manières :

  1. Votre père terrestre est littéralement la source de votre existence physique mais il est aussi celui avec lequel vous avez une certaine relation de confiance et d’amour. Lorsqu’un jeune dit : « Tu n’as jamais été un père pour moi » il veut dire : « Oui, tu es mon géniteur biologique mais tu n’as jamais été là pour moi. Tu n’as jamais eu avec moi une relation paternelle pacifique ». Il en est ainsi avec Dieu. Tous les êtres humains ont été créés par Dieu mais Dieu n’est notre Père que si nous sommes entrés dans une relation d’alliance avec Lui. Jn 1 :12 dit : « A tous ceux qui l’ont reçu –Jésus- à ceux qui croient en Son Nom, Il a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu ». On ne devient pas enfant de Dieu automatiquement, on doit y entrer, le recevoir. C’est pourquoi notre Psaume dit : « Il a compassion de Ses enfants … de ceux qui Le craignent » (v.13). Puis au verset 18 : « Ceux qui gardent Son alliance ». Dieu n’a une relation paternelle qu’avec ceux qui vivent l’alliance avec Lui. Qu’est-ce que ça veut dire ?
  2. Vivre la Grâce.

« Il ne nous traite pas selon nos péchés, Il ne nous punit pas selon nos iniquités…Autant l’orient est éloigné de l’occident, autant il éloigne de nous nos transgressions…Car il sait de quoi nous sommes formés, Il se souvient que nous sommes poussière. » (Ps 103 :10,12,14). Dans ces versets, le Psaume 103 dit que nous sommes pécheurs, transgresseurs, poussière, faiblesse et pourtant que Dieu est le Père de ceux qui Le craignent et vivent l’Alliance. Cela signifie que Dieu vous aime toujours et en tout temps, malgré vos défauts et vos péchés parce qu’Il est votre Père. Vous pourrez avoir une relation cordiale avec votre patron si vous travaillez bien. Mais votre relation à Dieu votre Père n’est pas basée sur la performance. Si vous commencez à dérailler et à voler dans la caisse, vous n’êtes pas licencié. Au contraire, le Père intensifie Sa relation avec vous pour vous aider. C’est douloureux pour Lui mais Il a engagé Son cœur envers vous.

Il y a 2 façons d’être en relation avec Dieu : comme avec un patron ou comme avec un Père. Si c’est un patron, Dieu me bénit quand je fais tout bien, sinon je le perds. Si c’est un Père, malgré mes péchés, mes transgressions et mes iniquités, Son Amour demeure sur vous d’éternité en éternité. Bien sûr, Dieu n’est pas seulement Père, Il est aussi Créateur, Roi, Juge, Très Haut habitant d’éternité. Pourtant lorsque les disciples ont demandé à Jésus comment prier, Il leur a répondu : « Dites notre Père ! » Cela ne veut pas dire que pour Jésus Dieu n’est pas le Roi, le Juge ou le Très-Haut. Cela signifie que toutes ces choses que Dieu est, si vous avez une relation familiale avec Dieu, tous ces attributs sont colorés par Sa paternité. Petit exemple : n’importe qui ne peut pas aller à l’Elysée rencontrer le Président de la République. Il faut être quelqu’un d’important ou avoir des relations pour être introduit auprès de lui. Par contre si vous êtes son fils ou sa fille (?…) vous entrez en lui disant : « papa !» Il reste président, mais pour vous, c’est votre père et vous avez toujours accès à lui. Qui que ce soit d’autre qui s’introduirait ainsi auprès de lui serait arrêté ou tué.

Jésus a l’audace de dire que la toute puissance et la sainteté infinie de Dieu sont celles d’un père pour vous. Dieu reste Dieu mais parce qu’Il est votre Père, Son Amour est sur vous et votre relation avec Lui est basée sur la Grâce. Vous vivez dans cette Grâce.

  1. Vivre dans la confiance quand les choses vont mal. Ce psaume 103 insiste sur la Paternité de Dieu : « L’Éternel est miséricordieux et compatissant, lent à la colère et riche en bonté; Il ne conteste pas sans cesse, Il ne garde pas sa colère à toujours ; Il ne nous traite pas selon nos péchés, Il ne nous punit pas selon nos iniquités. » (v8-10). Ces versets sont magnifiques. Ils disent que Dieu est notre Père mais que même s’Il nous aime, Il se met en colère comme tout bon père. Sa colère est une forme d’amour qui a pour but de nous mettre sur le droit chemin et de nous protéger du mal. Les parents humains se mettent parfois en colère contre leurs enfants pour leur rendre la monnaie de leur pièce. Ils leur font payer leur bêtise pour se venger, pas pour les corriger. « Tu m’as fait du mal- Je te fais du mal ».

Dieu ne fait jamais cela. Quand Il nous corrige, c’est toujours avec Son Amour paternel. Il ne nous abandonne jamais. Il ne nous envoie que ce qui est nécessaire et il ne nous enlève rien qui soit nécessaire. Cette phrase de John Newton illustre les versets qui disent : « Avant d’être humilié, je m’égarais, maintenant j’observe Ta Parole » (Ps 119 : 67,71,75). D’une manière ou d’une autre ce qui nous arrive se tournera à notre bénéfice et ce qui ne nous arrive pas, ne sera pas une perte pour nous. « Tout ce qui est nécessaire, Il nous l’envoie et rien n’est nécessaire dans ce qu’Il nous enlève parce qu’Il est notre Père ». Croire cela c’est Lui faire confiance. Vivre dans la confiance quand tout va mal, c’est dire : « Bon le Père sait ce qu’Il fait ». Si vous pouvez dire cela, c’est parce que vous Lui faites confiance. Si vous Lui faites confiance c’est parce que vous vous confiez réellement à Lui comme à votre Père.

  1. Vivre l’intimité.

« Comme un père a compassion de Ses enfants, ainsi le Seigneur a compassion de Ses fidèles » (Ps 103 :13). Le mot de « compassion », nous le verrons, implique une relation de très profonde émotion avec Dieu. Les parents le savent, ils ont bercé, nourri, soigné leurs enfants dans une grande intimité avec un contact permanent avec la peau. Cela forge chez les parents une soif d’intimité, de parole, d’écoute, d’embrassades où ils s’ouvrent à leurs enfants et attendent que leurs enfants s’ouvrent à eux. Si des parents humains désirent toute leur vie cette intimité avec leurs enfants, imaginez ce qu’il en est de Dieu le Père parfait : des milliards de fois plus ! C’est pourquoi comme le dit Rom 8 :15-16 : « Et vous n’avez point reçu un esprit de servitude, pour être encore dans la crainte; mais vous avez reçu un Esprit d’adoption, par lequel nous crions: Abba! Père! L’Esprit lui-même rend témoignage à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu. »

L’Esprit vient dans nos vies pour nous aider à prier en disant ABBA, PÈRE. Vous le savez le mot araméen Abba est un diminutif signifiant PAPA. C’est le mot que vous entendez dans la bouche des petits enfants en Israël. C’est une chose de croire. Dieu est notre Père de façon théologique et générale, mais Dieu veut – et il nous donne l’esprit d’adoption pour cela – que nous répandions notre cœur devant Lui avec confiance. Il sait que vous êtes poussière, faible, comme le dit le v.14, et il nous invite à nous ouvrir à l’intimité avec Lui. C’est l’œuvre du saint Esprit de nous faire dire « ABBA-PAPA » et pas seulement « Notre Père ». Pas de formalisme mais s’ouvrir au Père. Le Père envoie Son Esprit dans nos cœurs pour nous donner l’assurance de Son Amour paternel. Quand l’Esprit vient sur nous Il ouvre nos cœurs au Père et Il envoie Son amour dans nos cœurs ;

Un vieux pasteur raconte qu’un jour, en marchant, il vit un père marchant avec son fils. A un moment le père a pris le petite garçon dans ses bras et il l’a embrassé en lui disant : « Je t’aime ». Le petit garçon a dit : « Je t’aime aussi, papa ». Le père l’a reposé et ils se sont remis à marcher. Le pasteur dit : « L’enfant était-il plus fils quand il était dans les bras de son père qu’avant ou après ? » Non. Pas selon la logique. Mais oui dans son expérience/ Le garçon a fait l’expérience de sa filialité. Il a été paterné. Rom 8 : 15-16 dit que cette expérience c’est le travail du Saint Esprit en nous. Il nous ouvre au Père et fait descendre l’Amour du Père en nous. Est-ce que votre vie de prière est cela ou vous contentez-vous de dire vos prières ? Si vous n’avez pas soif d’une telle vie de prière c’est que vous ne savez pas ce que cela signifie d’avoir Dieu pour Père ni pourquoi Jésus disait en résumé : « La chose n° 1 que je veux que vous sachiez lorsque vous vous tournez vers Dieu c’est que vous le faites sur la base qu’Il est votre Père ». C’est pourquoi il commence toute la prière par : « Notre Père… »

  1. Vivre dans la gratitude.

Ps 103 : 15-16 : « L’homme! Ses jours sont comme l’herbe, il fleurit comme la fleur des champs. Lorsqu’un vent passe sur elle, elle n’est plus, et le lieu qu’elle occupait ne la reconnaît plus. » Ce n’était pas le plan de Dieu au jardin d’Eden. Mais avec notre péché, nous avons perdu notre place. Nous sommes devenus éphémères comme l’herbe qui sèche. Mais nous n’avons pas ce que nous méritons parce que Jésus Christ sur la croix a pour la première fois prié Dieu sans Lui dire « Père ». Il a dit : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » Jésus a perdu sa relation avec le Père afin que nous la retrouvions. Jésus a été abandonné afin que Dieu se souvienne de nous éternellement. Jésus Christ a reçu ce que nos péchés méritaient. Tout ce que nos péchés méritaient est tombé dans Son cœur. Alors, maintenant que ferons-nous ? Si vous voulez une relation d’alliance avec Dieu vous devez croire ce que Jésus a fait pour vous et dire : « ABBA, Père». Croyez-y. Appuyez-vous sur ces choses. Demandez à Dieu d’être votre Père à cause de ce que Jésus a fait et Il le sera. C’est l’ALLIANCE !

Notre vie de prière est un moyen important dont le Seigneur se sert pour nous révéler Sa Paternité en profondeur. Nous avons besoin d’être « paternés » par Lui. Il y a un autre moyen : c’est le renouvellement de notre intelligence par Son Esprit. Le Père désire nous donner une pensée chrétienne profonde pour que nous apprenions à nous laisser transformer petit à petit à l’image de Son Fils : une intelligence de la foi en Dieu notre Père nous aidera à agir comme des filles et des fils.

1ère question : Qu’est-ce que cela signifie que Dieu est un père ?

Cela signifie essentiellement 3 choses : sécurité absolue, engagement émotionnel, maison où demeurer toujours.

  1. Sécurité absolue : « Comme un père a compassion de ses enfants, L’Éternel a compassion de ceux qui le craignent. Car il sait de quoi nous sommes formés, Il se souvient que nous sommes poussière. » (v.13-14). Le mot « compassion » traduit assez faiblement un mot hébreu qui évoque une émotion incroyablement profonde, viscérale et envahissante. Ce mot hébreu se retrouve en Es 49 :15 : « Une femme oublie-t-elle l’enfant qu’elle allaite? N’a-t-elle pas pitié du fruit de ses entrailles? Quand elle l’oublierait, Moi je ne t’oublierai point ». Dieu a l’audace de comparer Son amour à l’amour incroyablement viscéral biologiquement envahissant d’une mère pour son enfant alors qu’elle lui donne le sein. Un autre endroit où ce mot est utilisé est 1Rois 3 :26 : « Alors la femme dont le fils était vivant sentit ses entrailles s’émouvoir pour son fils, et elle dit au roi: Ah! Mon seigneur, donnez-lui l’enfant qui vit, et ne le faites point mourir. Mais l’autre dit: Il ne sera ni à moi ni à toi; coupez-le! » La mère dont l’enfant est vivant est tellement remuée dans ses entrailles face à la mort annoncée de son fils qu’elle renonce à en être la mère pour lui sauver la vie. Son amour viscéral est tellement envahissant qu’elle donne son enfant à une voleuse et une menteuse pour qu’il vive. Eh bien, Dieu a l’audace de dire : « Telle est la sorte d’amour que je ressens pour vous mes enfants ». Cela nous montre que l’amour du Père est comme l’amour d’une mère, émue dans ses entrailles. Le v. 14 nous dit pourquoi Dieu, notre Père, nous aime d’un tel amour maternel ; si on lit trop vite on pense que la raison de son amour est au v. 13 : « L’Eternel a compassion de ceux qui le craignent ». On pense que Dieu nous aime plus quand on agit bien mais il ne faut pas séparer la 1ère et la 2ème partie du v. 13 car c’est un parallélisme hébraïque. Ecoutez : « Comme un père a compassion de ses enfants … l’Eternel a compassion de ceux qui le craignent ». Etre enfants de Dieu et craindre Dieu, c’est la même chose ! La cause de l’Amour du Père n’est donc pas la crainte du v.13. C’est le v. 14 : le Père, l’Eternel a compassion « Car il sait de quoi nous sommes formés, Il se souvient que nous sommes poussière. » (v.14) Le Père ne nous aime pas parce que nous le craignons ou parce que nous faisons le bien mais parce que nous sommes poussière. (Les prépositions « car », « parce que » sont au verset 14). La poussière est une image de pauvreté, petitesse, brisement, désagrégation, tomber en morceaux, péché…. Cela signifie que Dieu nous aime autant quand nous faisons le bien que le mal. Dieu est transporté d’un amour viscéral et plein d’émotions pour nous parce que nous sommes idiots, stupides, poussière, pécheurs. Quoique Ses enfants fassent Dieu les aime, comme font les vrais parents. Quoique nous fassions, bien ou mal, le Père Lui-même nous aime, nous aime, nous aime. Vous êtes absolument et complètement en sécurité grâce à son engagement indissoluble à vous aimer de tout Son cœur.

Jér 32 :41 : « Je prendrai plaisir à leur faire du bien, et je les planterai véritablement dans ce pays, de tout mon cœur et de toute mon âme. » Avant d’être notre Roi, notre Ami, Dieu est notre Père. Un ami est patient, mais avec des limites. S’il n’arrête pas de vous trahir, vous ne pouvez plus le considérer comme votre ami. De même pour un roi ou un bien-aimé, l’absence de réciprocité détruit la relation. Par contre des parents aiment leurs enfants quoiqu’ils fassent. Et même l’enfant qui agit le plus mal est celui qui est le plus l’objet de leurs soins. « Si donc, méchants comme vous l’êtes, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, à combien plus forte raison le Père céleste donnera-t-il le Saint Esprit à ceux qui le lui demandent » (Luc 11 :13). Des parents ne sont heureux que s’ils voient leurs enfants heureux. Dieu a l’audace de dire que les parents sont à Son image. « Je suis comme ça. Je suis Père. Tu es en sécurité dans Mon Amour ». Nous avons besoin de la sécurité de cet amour. Vous avez besoin de cet amour familial inconditionnel. Vous avez besoin d’être aimés, qui que vous soyez, quoi que vous fassiez. Vous avez besoin d’amour parce que vous êtes un enfant et non parce que vous donnez ceci ou cela à votre père ou à votre mère. Vous avez besoin d’amour juste parce que vous êtes un enfant de Dieu.

Nous avons tous besoin d’être quotidiennement nourris d’un tel Amour absolu, inconditionnel, viscéral, surabondant, éternel et infini. Dieu notre Père nous dit : « C’est ainsi, Je suis comme cela. Tout est là. C’est là que se trouve la chose du monde dont vous avez le plus besoin. En fait vous avez besoin d’amour pour la simple raison que vous êtes enfant de Dieu, et pas parce que vous devez faire ou donner ceci ou cela au Père, juste parce que vous êtes enfant. Vous avez besoin de la sécurité absolue de cet amour. Et vous ne pouvez trouver un tel amour auprès de personne d’autre. C’est la pure vérité. Vous ne pourrez pas trouver cet amour auprès d’un ami, ni auprès d’un roi. Vous ne pouvez pas non plus trouver cet amour auprès de vos père et mère terrestres parce qu’ils ont leurs problèmes eux aussi. Ils sont poussière eux aussi, moi, Je ne le suis pas. »

  1. Engagement émotionnel.

Telle est la seconde chose dont nous avons besoin : « L’Éternel est miséricordieux et compatissant, lent à la colère et riche en bonté; Il ne conteste pas sans cesse, Il ne garde pas sa colère à toujours; Il ne nous traite pas selon nos péchés, Il ne nous punit pas selon nos iniquités. » (v. 8-10). Dans cette parole, nous voyons un père qui « ne garde pas Sa colère » contre nous et « qui ne nous punit pas selon nos iniquités ». Sa colère n’est pas « un prêté pour un rendu », elle n’est pas rétributive. Lorsque des enfants attristent ou humilient leurs parents, la tentation des parents est de leur rendre la monnaie de leur pièce. La colère des parents est une sorte de vengeance qui a pour but d’effrayer les enfants. « Tu m’as blessé. Je te blesse. Tu m’as fait mal. Je te fais mal. Tu m’as humilié. Je t’humilie. » Cette colère qui punit  est un poison dans les familles. Ce n’est pas une pluie qui lave et rafraîchit toutes choses. C’est une pluie qui inonde et détruit tout. La colère rétributive et vengeresses est toxique dans une famille parce que nos familles sont à l’image de Dieu. La parentalité humaine est à l’image de la parentalité de Dieu. Dieu n’exerce jamais de colère rétributive et vengeresse envers Ses enfants.

Bien sûr Dieu se met en colère, mais par amour pour Ses enfants. C’est une colère contrôlée, temporaire et dirigée par la compassion. La miséricorde de Dieu est éternelle et sa colère est passagère parce qu’elle poursuit le but délibéré de l’amour.

Nous le savons, la parentalité doit naviguer entre 2 écueils qui peuvent détruire les enfants et leur donner le sentiment d’être orphelins. D’un côté la permissivité totale fait que les parents sont détachés, ne s’engagent pas, ne s’opposent jamais à leurs enfants, ne se mettent jamais en colère. Ce sont les parents démissionnaires qui laissent leurs enfants faire ce qu’ils veulent ; d’un autre côté, il y a l’abus, la colère permanente, les cris, la critique, l’humiliation, la maltraitance. Cela aussi détruit l’enfant. L’abus comme la permissivité font que l’enfant ne sait pas qui il est. Il ne sait pas s’il est aimé. La colère permanente ou l’absence de colère signifient toutes les 2 que l’enfant n’est pas aimé. Quand on aime, on se met en colère. Au plus un père aime son fils, au plus il a de la haine pour l’ivrogne, le menteur et le traître qui sont en lui. Si Dieu ne se mettait pas en colère contre ce qui nous détruit, Il ne nous aimerait pas. La colère n’est pas le contraire de l’amour. Le contraire de l’amour, c’est la haine et la forme extrême de la haine, c’est l’indifférence.

La colère permanente ou l’absence de colère font que l’enfant ne se sent pas aimé et se sent orphelin. Parce que la bonne colère est une émotion contrôlée et non égoïste qui a pour but de donner une discipline à l’enfant. « Non, tu ne sortiras pas ce soir. Tu ne veux pas faire ça, je te corrige pour te réveiller et te faire changer et t’éviter la destruction qui t’atteindra si je ne fais rien ».

Nous avons besoin, vous et moi de cette colère de compassion. Nous avons besoin de quelqu’un qui s’engage émotionnellement avec nous et se met en colère sans égoïsme, sans agressivité, sans vengeance contre nous. Nous avons besoin de cela plus que tout et Dieu dit : « J’ai cette colère compatissante. J’ai ce dont tu as besoin, ce que tu cherches et que tu ne trouveras que partiellement ailleurs. Je suis Père. Je suis LE Père. »

  1. L’ultime maison : « L’homme! Ses jours sont comme l’herbe, il fleurit comme la fleur des champs. Lorsqu’un vent passe sur elle, elle n’est plus, et le lieu qu’elle occupait ne la reconnaît plus » (Ps 103 : 15-16). « Le lieu qu’il occupait ne le reconnaît plus ». L’endroit où vous êtes nés et où vous avez vécu ne vous reconnaît plus. C’est un sentiment terrible parce que vous vous étiez identifiés à tous les détails de votre maison d’enfance. C’est votre maison et elle ne vous reconnaît pas. A la place, il y a un centre commercial. Vous vous sentez alors rejeté, abandonné, oublié, déraciné, exclu, errant comme beaucoup de gens, aujourd’hui. Nous avons tous besoin d’un chez soi, d’un endroit auquel nous avons le sentiment d’appartenir. Beaucoup de gens consacrent tout leur temps et leur argent à se construire un lieu qui soit le leur. Le v. 16 qui dit « le lieu qu’il occupait ne le reconnaît plus » est suivi du v.17 qui dit : « Mais la bonté de l’Eternel dure à jamais pour ceux qui le craignent ». L’Amour du Seigneur est notre maison. L’Amour du Seigneur est notre lieu. L’Amour du Père est le seul lieu dans lequel vous vous sentiez bien. C’est pourquoi Jésus disait à Ses disciples : « Si vous m’aimiez, vous vous réjouiriez de ce que je vais vers le Père » (Jn 14 :28). « Je vais vous préparer une place » (Jn 14 :2) « Il y a une place pour chacun dans la maison du Père, qui n’est pas faite de main d’homme » (2Co 5 :21). Jésus nous dit quelle est cette maison : « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole et mon Père l’aimera ; nous viendrons en lui et nous ferons notre demeure chez lui » (Jn 14 :23). Chaque disciple de Jésus devient le lieu où le Père et le Fils feront leur demeure. Ce n’est pas à nous de construire une maison pour Dieu, c’est Lui qui en construit une en nous. En effet, Jésus venait de dire à Ses disciples : « Vous ne pouvez pas venir là où je vais » (Jn 13 :33) pour nous décourager à suivre Jésus par nos propres forces. Cela est impossible pour nous. Jésus nous dit : « Le Père et moi, nous viendrons ». Nous ne pouvons pas aller vers Dieu, c’est Lui qui vient vers nous. Toute prétention humaine à fabriquer une demeure pour Dieu est dénoncée. Seul, Dieu en vérité, est capable de se faire une demeure en nous. Notre Père, infiniment humble et bon vient habiter en nous sans que nous Lui préparions une demeure. Il ne sollicite même pas notre aide car Son Fils œuvre avec Lui. Et il fait cela pour chacun de nous ! Jamais je n’aurais pensé que le Père nous aime à ce point. Les mots me manquent pour Lui dire mon émerveillement, ma reconnaissance et mon adoration.

Le Père et le Fils viennent faire leur demeure en chaque disciple et il ne nous reste qu’à mettre notre vêtement de fête avec l’aide du Saint Esprit qui est déjà en nous comme Jésus l’a dit : « Vous Le connaissez car Il demeure en vous » (Jn 14 :17). L’Esprit est déjà à demeure chez nous pour nous aider à nous préparer pour la Venue du Père et du Fils chez nous. Voilà ce que signifie la parole de Jésus : « Je vais vous préparer une place » (Jn 14 :2). Il nous prépare une place dans la maison du Père puis Il nous révèle la bouleversante présence du Père, du Fils et du Saint Esprit dans le cœur de chacun de nous.

L’état de mon cœur est trop délabré pour accueillir la présence de Dieu. Mon plus beau vêtement est si minable pour l’accueillir. Mais Son humilité est si profonde et Son amour si grand que rien ne peut le faire reculer et Il vient m’aider à me préparer. C’est extraordinaire, Jésus dit d’abord : « Vous ne pouvez venir là où Je vais. Vous ne pouvez venir Là où Je suis » (Jn 7 :36) puis Il dit : « Là où je suis, là aussi sera mon serviteur »… « Je vous prendrai avec Moi afin que Là où Je suis vous y soyez aussi » (Jn 14 :3).

A ce moment-là, Jésus est déjà dans ce lieu, Il ne dit pas «  là où je serai ». Mais les disciples ne sont pas encore dans ce lieu. Quel est ce lieu où Jésus est déjà ? Jésus donne la réponse en Jn 14 :12 : Je vais vers le Père ». L’élan d’amour de Jésus vers le Père est tel qu’Il est déjà là où Il va. Jésus est sans cesse tourné vers le Père dans un tel élan d’amour que le verbe être est pour Lui un verbe de mouvement. Il dit et Il vit les 2 choses ensemble : « je suis dans le Père », « je vais vers le Père ». D’ailleurs, Il dit « Nul ne vient au Père » et non pas « nul ne va ». Il est déjà là où est le Père.

Jn 14 :11-12). Quand Jésus va vers le Père, Il va là où Il est déjà. L’être de Dieu est un être de mouvement, un élan d’amour. Dieu est à la fois omniprésent et mouvement. Son élan d’amour est tel que lorsqu’il va quelque part, Il va là où Il est déjà. Dans 2 versets successifs, Jésus peut dire en vérité : « Je suis dans le Père » et « Je vais vers le Père » (Jn 14 :11-12). Et c’est au présent car c’est un présent d’éternité. Cela dépasse notre logique et demande un acte de foi. Jésus nous le dit dans ce même verset : « Croyez-Moi, Je suis dans le Père et le Père est en Moi ». Et Jésus va prendre le temps durant 3 chapitres de révéler ce mystère aux disciples : « Je suis dans le Père et le Père est en Moi » (Jn 14 :11). Il n’y a pas de mot en français pour exprimer une relation d’amour aussi profonde. Les Pères de l’Eglise ont emprunté un mot grec au domaine de la danse pour exprimer cette relation d’amour extrêmement profonde entre le Père, le Fils et le Saint Esprit (=la périchorèse).

Aux versets 10 et 11, le verbe être est au présent. Donc cette périchorèse entre le Père et le Fils est bel et bien une réalité présente et même éternelle, mais c’est trop indicible pour être exprimé par le verbe être ou le verbe aller. Pour dire la réalité de son être, Jésus est contraint à l’indicible. Jésus révèle à Ses disciples la nature indicible de l’Être de Dieu mais Il va plus loin, Il la leur donne, Il leur communique l’être de Dieu : Jn 14 :20 : « Vous en Moi et Moi en vous » le verbe être est sous-entendu entre Jésus et les disciples comme il est sous-entendu entre le Père et le Fils. Cela signifie que le mystère de Dieu dont Jésus est habité est ici communiqué aux disciples qui ne sont que des hommes. Jésus communique son « être » divin à l’ « être » humain des disciples. Ce qui est par nature en Dieu, dans le Père est dans le Fils est ici communiqué par grâce aux disciples. Jésus et les disciples sont dans une relation de périchorèse : « Vous en Moi et Moi dans le Père » (Jn 14 :11).

Jésus répétera cela dans la parabole du cep : « Demeurez en Moi et Je demeurerai en vous » (Jn 15 :4). Le Christ établit un lien d’amour périchorétique avec nous par Sa grâce. Cette réalité indicible dépasse notre intelligence mais c’est la grâce du mystère de notre relation avec Dieu. Jésus nous fait partager son être divin qu’Il partage avec Son Père. Tout cela à partir de « Je veux que là où Je suis vous y soyez aussi ». « Je suis dans le Père et le Père est en Moi ». « Vous êtes en Moi et Je suis en vous ». « Là où Je suis, c’est-à-dire dans le Père, vous y serez aussi ». Cet « être dans le Père » Jésus le demande humblement au Père pour nous en Jn 17 : « Père, Je veux que là où Je suis ceux que Tu M’as donnés soient aussi avec Moi » (Jn 17 :24). Nous participons à la nature divine grâce à l’humble prière du Fils et à l’exaucement de Son Père dans la plénitude de Son Amour.

Est-ce que vous croyez que vous êtes, en ce moment là où est Jésus, c’est-à-dire dans le Père ? Le Père Lui-même vous aime (Jn 16 :27). Après avoir dit aux disciples : « Je prierai le Père pour qu’il vous donne un autre Consolateur », Jésus recommence à dire JE avec force : « Je ne vous laisserai pas orphelins, JE viens à vous ». Le mot « orphelin » évoque le départ de Jésus qui passe de ce monde au Père, mais les disciples ne seront pas esseulés. « Je viens à vous », dit Jésus, « afin que là où Je suis vous y soyez aussi » (v.13). Jésus est ressuscité et Il vient à chaque instant à nous. « Je vis et vous vivrez aussi ». Nous ne sommes plus orphelins, nous vivons de Sa vie. Il est en nous, nous sommes en Lui et Il est dans le Père. Le Père est le Père des orphelins et Jésus nous a préparé une place dans la maison du Père, afin que nous voyions Jésus dans la maison de Papa.

Il y a une place pour toi dans la maison du Père. Jésus ne nous laisse pas orphelins. Jésus dit toujours ce qu’Il entend le Père dire. Le Père donc nous fait cette promesse : « Je ne vous laisse pas orphelins ». L’esprit d’orphelin qui se situe dehors, à l’extérieur de la maison du Père consiste à vivre avec un ciel fermé sur nos vies. Mais par l’Esprit d’adoption, comme le fils prodigue, nous ramenons tous les domaines de notre vie à la maison, dans la présence du Père, dans l’atmosphère de Son Amour inconditionnel. C’est merveilleux, on peut dire que l’esprit d’orphelin c’est Satan puisqu’il a été chassé de la maison du Père. C’est l’origine de l’esprit orphelin. Ce n’est pas ainsi que le Père nous a créés. En venant à la vie, Adam et Eve ont découvert les yeux d’amour du Père penché sur eux. Nous avons été créés pour connaître l’amour du Père. Pouvons-nous dire en vérité ce que déclare l’apôtre Jean : « Et nous avons connu l’amour que Dieu a pour nous et nous y avons cru » (1Jn4 :16)? Connaître et croire, la tête et le cœur, ensemble. Avons-nous réellement reçu cet amour ? L’avons-nous incorporé à nos vies ? L’amour de Dieu habite-t-il nos journées ? Et le verset continue : « Dieu est amour et celui qui demeure dans l’amour demeure en Dieu et Dieu demeure en lui ». Vous remarquez qu’il n’est pas dit que Dieu habite en celui qui prie, guérit les malades ou prêche avec autorité. Dieu demeure en celui qui demeure dans l’amour. Etes-vous conscients que le Père pense tout le temps à vous et se réjouit en vous ? Le père du mensonge essaye de nous faire croire que notre Père céleste ne nous aime que si nous faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour montrer que nous en sommes dignes. Si notre image de nous-même est basée sur la performance et la réussite, nous ne pourrons pas vivre dans l’amour inconditionnel du Père et nous ne pourrons pas aimer ceux qui nous entourent. Nous avons été créé(e)s pour aimer et être aimé(e)s. Celui qui demeure dans l’amour demeure en Dieu. Si nous n’expérimentons pas l’amour gratuit de Dieu, nous allons essayer de le mériter par nos efforts, nous allons tout faire pour n’avoir besoin de personne et nous deviendrons incapables d’intimité avec qui que ce soit. Quelles que soient nos déceptions et nos blessures passées, nous sommes responsables de restaurer l’intimité avec les autres dans nos vies. Le plus important pour un chrétien n’est pas sa connaissance de la Bible, mais sa connaissance de l’amour du Père. Il faut se poser la question : « Est-ce que je connais l’amour du Père et est-ce que j’y crois ? ». Se la poser tous les jours, je dirais même toutes les heures, que dis-je, toutes les 10 minutes ! N’ayons pas, nous les hommes, de la douceur, de la tendresse et de l’intimité, cela implique que nous ne basions pas notre valeur sur ce que nous faisons, mais sur ce que nous sommes en Christ. Est-ce que si j’échoue dans mon travail, je continuerai à me sentir aimé par le Père ? Pour continuer à se sentir aimé par le Père malgré les circonstances ou la fatigue, il faut choisir de faire de l’amour une priorité. Une façon d’y parvenir c’est de méditer régulièrement la lettre d’Amour du Père que vous connaissez et qui est affichée dans le hall.

La maison du Père est la seule qui ne s’écroule pas. C’est votre logement et le loyer est payé par Jésus-Christ. Toutes les autres maisons, Il vient au moment où « elles ne vous reconnaissent pas ». Or nous avons tous besoin d’un endroit où habiter. « Le lieu que nous occupions ne nous reconnaît pas » dit le v.16 mais le v.17 ajoute : « Mais la bonté de l’Eternel dure pour toujours envers ceux qui le craignent ». L’Amour du Père est notre maison. L’Amour du Père est notre lieu parce que c’est le lieu de l’homme véritable Jésus Christ. L’amour du Père est le seul endroit où vous êtes en sécurité et où le feu ne s’éteint jamais dans la cheminée. Jésus Christ est allé nous préparer une place pour chacun de nous dans la maison du Père. La maison de votre cœur est là. La sécurité, la compassion et la discipline dont vous avez besoin sont là : Comme un père aime ses enfants, le Seigneur aime Ses fidèles.

2ème question : comment pouvons-nous répondre ?

Comment vivre cette réalité ? Si vous voulez avoir cette sécurité absolue, cet engagement émotionnel et la maison du Père dans votre vie, il y a 4 choses à faire. Pour vivre en sécurité sans avoir le sentiment que Dieu est indifférent ou qu’Il vous punit et en ayant le sentiment profond d’être à la maison, il y a 4 étapes si vous voulez :

  1. Etape préliminaire: Etre enfant de Dieu n’est pas automatique. Le verset 18 dit : « Ceux qui gardent son alliance ». Pour garder une alliance, il faut d’abord la contracter. Il faut que dans votre vie, il y ait un moment où vous n’étiez pas dans l’alliance et un moment où vous y entrez. Comme je l’ai dit tout à l’heure, un père ne donne pas seulement l’existence et la ressemblance à ses enfants. Il est en relation avec eux pour leur donner sécurité, engagement émotionnel  et lieu d’appartenance où vous êtes nourris et guidés. Je parlais au début de recevoir « le pouvoir de devenir enfants » (Jn 1 :12). Etre enfant de Dieu signifie qu’on entre dans une relation. Contrairement aux familles humaines, la famille de Dieu est une réalité dans laquelle nous devons vouloir entrer. Autrement nous n’en faisons pas partie.
  2. Etape transformatrice: Il s’agit de la relation d’amour filial qui est dans notre cœur pour notre Papa du ciel. On se demande alors comment il est possible que le Roi de l’univers soit notre Père. Comment se peut-il que le Dieu trois fois Saint ne nous punisse pas pour nos péchés et nous accepte tels que nous sommes ? Si vous ne vous posez pas cette question c’est que vous avez un dieu de dessin animé qui est amour et pas vérité ou tendresse sans sainteté. Ce n’est pas un Dieu d’amour.

Or, si Dieu est à la fois Juge et Sauveur c’est que celui dont la place ne le reconnut pas c’est celui qui n’avait pas d’autre lieu pour reposer Sa tête que la Croix. Et là, Il n’a plus eu Son Père, Il a dit : « Mon Dieu » et pas comme toujours « Mon Père », Abba… Sa place ne le reconnaissait plus. Il a perdu l’Esprit d’adoption. La porte de la maison était fermée. Plus de lumière ni de chaleur à l’intérieur. Quel cauchemar ! Le fils rejeté de la Maison du Père ! Envoyé aux enfers pour l’éternité. Sa place ne le reconnaissait plus pour que nous en ayons une. Il a perdu Son Esprit d’adoption pour nous le donner. La porte Lui a été fermée pour qu’elle nous soit ouverte. Pourquoi ? Parce qu’Il a payé pour nos péchés. Il fallait que justice soit faite car notre Père est réel et Il est le Créateur de l’univers. Le Dieu réel est un Juge juste mais Il est devenu notre Papa du ciel parce que Jésus a satisfait Sa justice. Maintenant vous pouvez le déranger à 1h du matin et sauter sur Ses genoux alors que tous ont peur. Il vous écoute et vous aime inconditionnellement. Vous comprenez ? Jésus n’avait pas de lieu pour que vous en ayez un. Est-ce que vous le croyez ? Est-ce que ça vous touche ? C’est l’étape transformatrice. Tout est changé !

  1. Etape contractuelle: Vous devez faire une alliance. Vous pouvez la faire ce matin, en priant de cette façon, par exemple : « J’ai toujours su que Tu existais Dieu et j’ai essayé de faire du bien. J’ai pensé que Tu m’aimais mais je ne comprenais pas que Tu ne répondes pas à mes prières. Maintenant, je comprends tout ce que Ton Fils a fait pour moi et je veux que tu m’acceptes dans Ta famille à cause de ce que Jésus a fait. Je veux vivre comme l’un de tes enfants, dans une confiance absolue. »
  2. Emerveillement : A force de penser, de louer, de méditer, de célébrer et de s’émerveiller de l’amour du Père notre cœur change. C’est le début du Psaume 103 : 1-2 : « Mon âme, bénis l’Éternel! Que tout ce qui est en moi bénisse son saint nom! Mon âme, bénis l’Éternel, Et n’oublie aucun de ses bienfaits! » À qui ces versets s’adressent-ils ? « Comme un père a compassion de ses enfants, L’Éternel a compassion de ceux qui le craignent… Mais la bonté de l’Éternel dure à jamais pour ceux qui le craignent, Et sa miséricorde pour les enfants de leurs enfants. » (Ps 103 :13 et 17).Parle-t-il à Dieu ? Non, Dieu sait tout ça. Aux autres, non plus. « Mon âme bénis l’Eternel… »

Tous vos problèmes viennent de ce que votre âme ne sait pas que vous êtes enfant de Dieu. Vous l’avez oublié. Savez-vous qu’Il vous aime absolument, inconditionnellement ? Vous ne serez jamais rejetés. Jésus a été rejeté pour que nous ne le soyons jamais, que nous entrions dans la maison du Père. Si vous savez que vous avez l’amour du Père, est-ce un problème si quelqu’un vous rejette ou ne vous aime pas ? Pourquoi êtes-vous si sensible aux critiques. Pourquoi êtes-vous malade quand un ami s’éloigne de vous ? Pourquoi avez-vous des problèmes d’estime de vous-même ? Je vais vous dire pourquoi… Parce que votre âme ne sait pas ces choses ! Vous vivez comme si cela n’était pas vrai. « Mon âme bénis l’Eternel ».

Certains en veulent à leurs parents de ne pas avoir été à la hauteur et de ne pas leur avoir donné cet amour. Dieu répond : « Comment auraient-ils pu ? » Aucun parent ne peut. D’autres sont trop dépendants de leurs parents. Dieu a dit : « Ils ne peuvent pas vous donner cet amour. Moi Je le peux et Je peux vous libérer de votre famille et de toute amertume ».

Puis, il y a aussi l’argent. Sans cesse la Bible dit : « Ne vous souciez pas de l’argent. N’ayez pas peur. N’essayez pas de gagner trop d’argent. Ne soyez pas avare. Votre Père sait ce dont vous avez besoin ». Si vous vous faites sans cesse du souci pour l’argent, vous ne croyez pas que Dieu est votre Père. Si vous travaillez comme des malades pour construire votre maison, c’est que vous n’êtes pas dans la Maison du Père.

Si vous dites à votre âme avec émerveillement que vous êtes enfant de Dieu, si vous y pensez et si vous vous le dites sans cesse à vous-même, vous serez libéré du besoin d’être approuvé et reconnu. Étant approuvé, vous n’avez rien à prouver. Autre slogan : Dieu n’appelle pas des qualifiés, Il qualifie des appelés. Si vous pensez que vous êtes enfants de Dieu, vous êtes libérés de l’amertume, de la dépendance ; du souci d’argent ou de l’excès de travail. Bien sûr, certaines choses peuvent mal se passer, mais vous n’en faites pas une maladie. Vous savez pourquoi ?

Parce que des amants sont du même âge, les rois et les citoyens sont du même âge mais le Père a 45 ans et vous en avez 10. Cela signifie que vous ne comprenez pas tout ce que le Père fait dans votre vie. Les enfants de 10 ans en veulent parfois à leurs parents de ne pas pouvoir faire certaines choses. Puis, ils oublient. Pourquoi ? Parce qu’ils savent qu’ils ont 10 ans et qu’ils ne savent pas tout… Ils savent qu’ils ne savent pas. Alors, ils se calment et ils acceptent en disant : « Oui, papa et maman, je ne sais pas … » Quand les choses ne vont pas dans votre vie, savez-vous dire, vous aussi : « Je ne sais pas » ? Pouvez-vous relativiser les choses et vous calmer en comprenant que vous ne comprenez pas ? C’est reposant de savoir qu’on est enfant de Dieu.

Je termine par la chose la plus merveilleuse qui nous est donnée quand on sait qu’on est enfant de Dieu : LE PÈRE NOUS DONNE LA VIE ÉTERNELLE. La vie éternelle est le bien suprême que l’on ne peut posséder que par la foi et en espérance. La vie éternelle nous est déjà donnée mais elle s’épanouira pleinement au retour du Christ, dans la Résurrection des morts qui a déjà commencé par la résurrection de Jésus. Vivre comme fils pour que le FILS revienne. Il n’y a pas d’autre moyen de vivre comme fils du Père que de désirer voir le FILS DU PÈRE face à face.

Souvent nous disons que nous servons Jésus mais en fait nous nous servons de Jésus pour nos besoins terrestres, notre confort moral, notre civilisation d’ici-bas.

Servir jésus pour qu’Il revienne c’est collaborer avec Dieu le Père qui donne la vie éternelle lorsque nous donnons aux hommes le Jésus vrai, total, en qui, par qui et pour qui sont toutes choses.

Rendre effective la Paternité de Dieu dans le monde c’est annoncer d’une façon réelle, effective, puissante que Jésus revient bientôt pour ressusciter les morts.

Voilà ce que le Père veut. Ne l’oublions pas puisque nous sommes ses enfants. « Mon âme bénis l’Eternel et n’oublie aucun de ses bienfaits ». N’hésitez pas à vous parler à vous-même comme le fait le psalmiste. Le psalmiste nous dit à vous et à moi ce que nous devons savoir de toute urgence : Dieu est notre Père. Prenons-nous par la main et disons-le nous. « Mon père et ma mère m’abandonnent mais l’Eternel me recueille » (Ps 27 :10). Voilà ce que nous avons besoin de savoir et de nous dire à nous-même quand nous sommes déçus par notre famille, que nous nous sentons seul, en échec. Le Père vous dit à chacun : « Tu es mon fils, ma fille bien-aimé(e) en qui je mets toute ma joie ».

Nous avons été créés pour vivre dans la connaissance de l’amour du Père qui nous regarde avec des yeux pleins d’amour. Ne jamais douter de ce que nous sommes aimés, de ce que nous sommes importants pour Dieu. L’esprit d’orphelin communiqué par le serpent dans le jardin est un esprit suspicieux, diviseur, stressant, poussant à la compétition. Nous le rejetons au nom de Jésus et nous croyons à l’amour du Père pour nous. Il a promis de ne pas nous laisser orphelins, de ne pas nous abandonner. Il a donné son Fils pour que nous devenions ses fils, chemin vers le Père. En tant qu’orphelins, nous n’avons ni héritage ni sens à notre vie et vous vivons comme si nous n’avions pas de maison. Nous vivons comme si nous n’avions aucune sécurité et aucun lieu pour nous reposer. Mais comme fils, nous sommes héritiers, nous trouvons le sens de notre vie en Lui et nous demeurons avec Jésus dans la maison du Père. Il est notre abri, notre refuge, notre forteresse ; nous sommes en sécurité chez lui. Le Père est Celui duquel nous tirons le sens de notre vie. C’est super : celui duquel nous tirons le sens de notre vie ! Il nous communique la révélation de qui nous sommes. Nous nous recevons de Lui. Mais en tant qu’orphelins, nous n’avons aucune compréhension de cela parce que nous ne sommes pas adoptés, nous ne sommes pas désirés. Nous pouvons fonctionner avec un esprit d’orphelin même si nous venons d’une bonne famille, bien unie et aimante. L’esprit orphelin rôde partout sur terre et nous inocule de fausses croyances afin de nous séparer de Dieu. Alors nous avons peur de faire confiance à Dieu. Lorsque quelque chose se produit, au lieu de revenir en courant à la maison du Père nous choisissons de nous isoler pour nous en sortir tout seuls. L’esprit orphelin nous empêche d’apprendre à revenir à la maison de Papa. Nous n’apprenons pas à connaître la sécurité de l’amour du Père et nous faisons des efforts surhumains pour nous en sortir par nos propres forces jusqu’à avoir un cœur de pierre. On devient alors orphelin. Les orphelins sont durs, fermés, forts, ils n’ont besoin de personne et on a du mal à communiquer avec eux. Tant qu’on n’a pas reçu l’amour du Père céleste, on est orphelin. Et on vit mal les épreuves de la vie. Mais le Seigneur châtie celui qu’Il aime. Et Il frappe de la verge tous ceux qu’Il reconnaît pour ses fils. Supportez le châtiment: c’est comme des fils que Dieu vous traite; car quel est le fils qu’un père ne châtie pas? Mais si vous êtes exempts du châtiment auquel tous ont part, vous êtes donc des enfants illégitimes, et non des fils.

 

La correction est l’authentification de notre identité de fils. L’orphelin refuse la correction car il ne comprend pas qu’elle est l’éducation d’amour du Père. Par exemple, on ne croit pas que l’interdiction de manger le fruit défendu ou l’expulsion du jardin d’Eden soient des actes d’amour du Père qui ne veut pas nous éterniser loin de sa face. L’esprit orphelin dit : « Tu as éloigné de moi mes amis », mais l’esprit d’adoption ajoute : « Afin que je sois tout à toi ». La correction de Dieu n’est pas un jugement ni une critique mais une direction d’amour pour notre vie, car le Père ne nous abandonne pas à nous-mêmes et au chemin qui mène à la perdition. Nous ne sommes pas enfermés dans le passé. Avec la grâce de Dieu nous pouvons faire quelque chose avec ce qui nous est arrivé. Je sais qu’il ne suffit pas d’entendre un enseignement sur l’esprit d’adoption pour accepter d’être accepté dans tous les domaines de notre vie, ça prend du temps. Mais Dieu est fidèle pour nous adopter jour après jour, malgré l’esprit d’orphelin qui nous pousse à vivre comme si nous n’avions pas une place sûre préparée par Jésus dans la demeure du Père. L’orphelin ressent qu’il n’a aucun lieu où il peut s’affirmer ni être confirmé, chéri, aimé et consolé. L’esprit orphelin est tourné vers lui-même, solitaire, isolé et il dit comme le paralysé de Béthesda : « Je n’ai personne ». Alors il doit se battre, être en concurrence avec les autres, vivre dans le stress, mériter et gagner tout ce qu’il a dans la vie. Cela conduit à une vie pleine d’anxiété, de peur et de frustration. Mais l’esprit d’adoption ou de filiation ouvre le cœur à une attitude de soumission dans la sécurité, la confiance, l’assurance de son identité, fidélité, patience, ouverture aux autres, loyauté, humilité et pardon. C’est assez différent ! Parfois, on est un peu dans le premier et un peu dans le second. L’esprit orphelin est un esprit d’esclavage, pas de liberté, un esprit de peur, de rejet, qui nous enferme dans de fausses croyances qui nous détruisent complètement. Pour être guéri de l’esprit d’orphelin et recevoir l’esprit d’adoption, rien de tel que la méditation émerveillée de 1 Jean 3 :1 : « Voyez quel amour le Père nous a témoigné, pour que nous soyons appelés enfants de Dieu ! Et nous le sommes. Si le monde ne nous connaît pas, c’est qu’il ne l’a pas connu. » Nous ne pouvons rien faire pour que Dieu nous aime plus qu’il ne le fait.  « Mon petit je t’aime, voilà ta bague, ton vêtement… ». Nous sommes adoptés par le Père dans son Royaume, il est notre Papa (Rom 8 :15), pas seulement le Père. C’est intime, je peux pleurer, jouer avec lui, il a du temps pour moi, il m’aime bien, je n’ai rien à faire pour être aimé par lui. Père, je ne mérite pas d’être appelé ton fils, parce que je le suis en Christ. Nous pouvons faire confiance à l’amour du Père. Un bon test est la capacité à écouter l’autre et à l’aimer comme il souhaite être aimé. Sans connaître l’amour du Père et y croire, c’est impossible. Votre famille attend de vous que vous lui exprimiez l’amour du Père. Pour recevoir cet amour avant de le donner, méditez la lettre d’amour du Père. « Père, que l’amour dont tu m’as aimé soit en eux ».

L’amour du Père a fait de vous Ses fils et Ses filles. Tenez-vous le pour dit. C’est le médicament qui vous guérira. C’EST LUI QUI GUÉRIT TOUTES TES MALADIES (Ps 103 :3). Mon âme bénis l’Eternel et n’oublie pas qu’Il est ton Père !

PRIONS : « Notre Père, nous Te remercions d’être notre Père. Nous savons ce que cela t’a couté à Toi et à Ton Fils. Cela Lui a couté Sa vie pour qu’en Lui nous puissions Te dire : « Notre Père ». Il a enduré ce que nous méritions. Alors, nous Te demandons Père de donner à ceux qui en ont besoin, de savoir ce que cela signifie de vivre comme un enfant de Dieu. Père, je t’apporte tous ceux qui maintenant, en silence, Te prient en disant : « Accepte moi à cause de Jésus, Reçois moi dans Ton Amour inconditionnel à cause de ce que Jésus a fait. J’ai confiance en Toi parce que Jésus a payé pour mes péchés afin que je sois épargné de la colère à venir ». Oui, Père, je T’apporte les personnes qui prient ainsi et Te font confiance pour l’amour de Jésus afin que Tu les aides à sentir maintenant Ton Amour de Père.

Abba, Père, je Te prie aussi pour nous tous qui avons besoin de nous émerveiller et qui avons besoin de Te craindre, et qui avons besoin d’être bouleversés par ces vérités magnifiques. Fais de nous un peuple qui vit avec cet esprit d’adoption sans cesse renouvelé par Ton Esprit. Que nous vivions cette compassion et cette joie de savoir que grâce à Ton Fils, Tu es notre Père. Aide-nous à vivre ces choses, à les célébrer au quotidien, dans la pleine assurance que Tu es notre Père. Nous Te le demandons au nom de Jésus. Amen

Eglise de Belleville. Le 3 juin 2018

Prédication du pasteur Serge Jacquemus